Troubles du sommeil : Insomniaque… Moi jamais !!

On rappellera brièvement les quatre stades du sommeil :
  • stade I : endormissement ;
  • stade II : sommeil lent ;
  • stade III : sommeil profond / ondes lentes EEG delta avec activité de conscience minimale ;
  • stade du sommeil paradoxal : stade des rêves avec présence de mouvements oculaires rapides et absence d’activité motrice volontaire.
Les troubles du sommeil sont fréquents dans la maladie de Parkinson (plus d’un patient sur deux en présente) et peuvent en rapport avec de multiples causes (troubles anxieux et anxio-dépressifs, fluctuations motrices avec phases « de-off » nocturnes douloureuses, épisodes de dystonie, hyperactivité vésicale avec nycturie fragmentant le sommeil, syndrome des jambes sans repos avec parfois des mouvements périodiques de jambes durant le sommeil….). Une des plus classiques est liée à l’atteinte des neurones du locus coeruleus, neurones impliqués dans l’inhibition motrice durant le sommeil paradoxal, expliquant la survenue des troubles moteurs en sommeil paradoxal (TCMSP) du parkinsonien, qui vit en quelque sorte ses rêves éveillés avec parfois des comportements moteurs aberrants et violents avec parfois chez des patients à un stade avancé de la maladie un retour à un état moteur « on plus » rarement retrouvé durant la veille. Ces TCMSP sont parfois de survenue précoce dans la maladie pouvant apparaitre plusieurs années avant les signes moteurs. L’exploration des troubles du sommeil peut faire appel à la polygraphie ventilatoire voire à la polysomnographie (avec étude motrice sur les muscles jambier antérieur) comme en population générale. L’actimétrie (mesure de l’activité motrice par un bracelet au poignet) peut également être utile chez les patients se plaignant d’un mauvais sommeil pour documenter une agitation nocturne, des levers incessants, des TCMSP. Les traitements passent d’abord par les règles d’hygiène de vie applicables dans tous les cas : activité physique dans la journée, pas d’exposition aux écrans en soirée, alimentation légère le soir sans prise d’alcool…). Des traitement simples comme la Mélatonine (parfois en montant la dose à au moins 4 mg) voire des hypnotiques simples peuvent être proposés. La Clozapine utilisée dans les troubles comportements de la maladie apporte parfois une amélioration du sommeil (même si l’insomnie ne représente pas une indication de son utilisation), l’administration d’Apomorphine la nuit par pompe sous-cutanée chez les patients fluctuants et douloureux peut également être intéressante et est en cours d’évaluation dans un protocole (Apomorphée).