Stade prodromal dans la maladie de Parkinson

Attention aux petits signes qui ne trompent pas… Chacun connait la triade parkinsonienne classique (tremblement de repos, rigidité et bradykinésie). Bien se rappeler que lorsque les signes cliniques de la maladie apparaissent et sont identifiés par le patient et le médecin, la population dopaminergique a été détruite à plus de 50% au niveau des noyaux gris centraux. Bien des années auparavant des symptômes cliniques en apparence anodins sont apparus mais ont été négligés :
  • une apathie (manque de motivation), dans le quotidien souvent pris pour un état dépressif,
  • des troubles génito- sphinctériens évoluant à bas bruit et qui ne paraissent pas inquiétants (hyperactivité vésicale ou envie fréquente d’uriner souvent confondue chez l’homme à partir de la cinquantaine avec un problème prostatique, constipation…),
  • une discrète instabilité dans la vie quotidienne qui rend la course à pied plus difficile avec parfois des épisodes de fluctuations tensionnelles,
  • des troubles de l’attention et de la concentration en rapport avec un syndrome dysexécutif débutant,
  • une hyper-émotivité,
  • une apraxie bucco faciale avec une plus grande difficulté à chanter ou à siffler qu’auparavant,
  • une perte progressive de l’odorat ou anosmie,
  • des troubles du sommeil avec tendance à vivre ses rêves éveillés (troubles du comportement moteur en sommeil paradoxal),
  • une sensation de “vibration intérieure” rapportée par certains patients notamment au niveau d’un segment de membre voire d’un hémicorps et qui peuvent précéder l’apparition d’un réel tremblement de repos.
Tout cela traduit l’implication d’un dysfonctionnement assez large du système nerveux central (cortical et sous-cortical) mais également du système nerveux végétatif “le grand oublié” de la médecine. Composé de deux systèmes qui s’antagonisent les systèmes sympathique et para-sympathique, il assure le fonctionnement de nos fonctions végétatives, viscérales et glandulaires bref de chose essentielles à notre existence. L’un accélère le transit quand l’autre le freine.. L’un fait monter la tension artérielle quand l’autre la fait baisser .. Un équilibre fragile et qui peut être mis en péril. Bien comprendre le rôle du système nerveux végétatif (qui n’a de végétatif que le nom car il est au contraire très actif dans notre quotidien) c’est mieux comprendre les petits dysfonctionnements du quotidien qu’il faut savoir observer avant que ne survienne l’orage extra-pyramidal.