Hypnose et Parkinson

L’hypnose est utilisée depuis fort longtemps à visée thérapeutique. Elle a été développée au 20e siècle par les travaux fondateurs de Milton Erickson (psychiatre américain). Si bon nombre restent encore circonspects face à ses vertus, bon nombre de travaux cliniques et en imagerie métabolique ont montré un réel impact sur les structures cérébrales et les voies de connexion. Classiquement une séance d’hypnose se déroule en 5 temps :
  • la phase d’induction d’abord (ou par une stimulation monotone par exemple on provoque un arrêt de la perception ordinaire par saturation des canaux sensoriels, le sujet devant faire abstraction entre autre des nombreux éléments extérieurs à son environnement),
  • puis le sujet passe par un bref stade de confusion (association de perceptions, de sensations et de souvenirs),
  • puis l’étape fondamentale de la TRANSE HYPNOTIQUE (ou l’imaginaire prend le pouvoir par le bien des suggestions et des métaphores,stade de la dissociation psychique (le corps est là, l’esprit est ailleurs / le sujet est simultanément acteur et observateur de lui-même, il a la capacité de s’impliquer dans une expérience imaginaire), durant la transe de nombreux paramètres physiologiques sont modifiés (diminution du tonus musculaire, chute de la tension artérielle, baisse de la respiration et du pouls…),
  • puis le quatrième stade est celui de l’appropriation de ce nouveau schéma ou joue à plein la vertu thérapeutique (intégration de ces nouvelles données au principe organisateur de l’être),
  • puis le 5e temps qui est celui du retour à l’état de conscience ordinaire (retour à la sensorialité habituelle) qui se fait en différentes sous-étapes (relation au corps, relation au thérapeute, retour au corps).
Le but de la thérapie hypnotique n’est pas de rester dépendant d’un thérapeute (dont l’action initiale reste essentielle pour avoir les clés de la méthode et un bon apprentissage) mais de s’approprier ensuite les règles pour pratiquer soi-même ( principe de « l’auto-hypnose ») que chacun pourra pratiquer à son domicile et au gré de ses besoins. Le domaine où l’hypnose a été le plus étudié reste probablement la douleur puisque l’hypno-analgésie est maintenant bien validée et utilisée en pratique courante (centre anti-douleur, prise en charge pos-op dans certaines unités). Dans la maladie de Parkinson différents travaux (Elkins 2013, Int J Clin Exp Hypn ; Hawkins 2001, Pain Review) ont montré une amélioration des paramètres de qualité de vie (échelle PDQ-39) voire de certains items de l’UPDRS notamment la douleur, l’anxiété, les affects thymiques, les problèmes de sommeil et la fatigue. D’autres auteurs ont proposé d’intégrer l’hypnose dans le traitement du tremblement parkinsonien (Wain 1990 Am J Clin Hypn) en association au traitement médicamenteux. Alors n’hésitez plus, entrez dans la transe !